Abbé Thibaut (L'), par le Cardinal Liénart

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Abbé Thibaut (L'), par le Cardinal Liénart

Préface du Général Frère, guerres de 14-18 et 39-44, décédé au camp du Struthof en 1944.

Le 28 septembre 1916 paraissait au Rapport du 1er Régiment d'Infanterie la note que voici :

Le Chef de Corps a l'immense douleur d'annoncer au 1er R. I. la mort de notre et cher vénéré aumônier, l'Abbé Thibaut, mortellement atteint le 26 au soir, au nord de Frégicourt (Somme) d'un projectile au côté gauche et décédé le 27 en arrivant à l'ambulance.
Les expressions usuelles semblent impuissantes à rendre ce que fut ce Français et ce Prêtre.
Consumé par une ardente charité, il dépassait les bornes du possible en se dévouant corps et âme au régiment qu'il avait adopté et à chacun de ses chers soldats.
Sans trêve ni relâche, ne tenant aucun compte de l'impérieux besoin de repos qui arrête parfois les plus dévoués, il ne cessait d'aller encourager les vivants que pour prodiguer aux blessés des soins vraiment maternels, ou pour donner aux dépouilles mortelles de ceux qu'il avait tant aimés une sépulture aussi digne que possible. La plus grande partie des rares heures qu'il passait seul dans un abri quelconque, il la consacrait à prodiguer de touchantes consolations aux familles de nos pauvres victimes.
Son courage était héroïque. Aucun danger ne l'arrêtait et ce fut vingt fois chaque jour et vingt fois chaque nuit qu'il affronta follement la mort.
Bien plus, dès qu'un groupe de ses soldats se trouvait en situation plus dangeureuse, c'est vers eux qu'il s'empressait, abandonnant pour quelques heures les autres devenus momentanéments moins intéressants parce que moins exposés.
La Légion d'Honneur ornait sa poitrine mais ce ne fut pas une fois, ce fut cent fois qu'il la mérita !
L'épopée sublime et glorieuse du régiment de Cambrai il l'a vécue toute entière, et chacune de nos morts, chacune de nos blessures, furent ressentie profondément par son coeur aimant.
Car ce qui le caractérise le mieux c'est l'affection inexprimable qu'il portait à tous et à chacun. Tout concourait à alimenter en lui cette affection, sa vocation de prêtre, son patriotisme enthousiaste, son tempérament ardent. Il s'est donné sans mesure et a pratiqué au maximum le précepte divin : "Aimez-vous les uns les autres."
Il fut un Saint par le mobile de ses actes. Il fut un Français exemplaire et un ardent patriote. Il fut l'ami tendre pour chacun de ses chers soldats.
Aussi sa mémoire doit-elle être aimée de tous, mais nos regrets n'arriveront pas à acquitter la dette d'affection que nous avons contractée envers lui.
Suel le Dieu tout-puissant, en l'accueillant dans l'éternité bienheureuse, pourra donner à cet humble volontaire qui fut sublime sans le savoir, le centuple de ce qu'il a donné à son créateur et à ses frères.
Lieutenant-Colonel de Bruignac, en guise d'Avant-Propos.

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