Thomas, l'auteur, et ses camarades Istvan, Kacsa et Peter, forment un quatuor de lycéens farceurs et délurés. En 1939 ils ont 15 ans et font des études très animées au lycée Kossuth de Budapest. Ils mettent en commun leurs idées, leurs ressources, et même leurs affections. Thomas ayant découvert une fille charmante, Magdi, dont il devient éperdument amoureux, Istvan la lui souffle.
La guerre qui fait rage en Europe touche peu à peu la Hongrie. Mais les tendances très germanophiles du gouvernement font éclore une pépinière de mouvement anti-fascistes. Le quatuor s'affilie plus ou moins à l'un d'eux et fonde une revue littéraire et politique d'inspiration pacifiste. En 1942, la Hongrie devient l'alliée de l'Allemagne et lorsque, en 1944, les Nazis occupent le pays, les jeunes gens sont expédiés dans un camp de concentration. A travers de multiples aventures ils réussissent à ne jamais êtres séparés, même lorsqu'ils sont déportés en Yougoslavie aux travaux forcés.
Libérés par les partisans yougoslaves à l'approche des Ruisses, ils voyagent au hasard et échouent en Bulgarie où ils font figures de libérateurs. Mais à Sofia, ils sont emprisonnés par la police soviétique à la suite d'un malentendu que leur ignorance du russe les empêche de dissiper pendant de longues semaines.
Finalement élargis, dans un état de pauvreté critique, ils s'engagent comme pionniers en Israël. Ne s'y plaisant pas, ils se font embaucher par l'armée anglaise, et parviennent, après de nouvelles tribulations, à gagner Paris. Une courte visite en Hongrie ne leur donne guère le désir de se réinstaller dans leur patrie. Ils retournent en France, où Thomas et Istvan, séparés maintenant mais toujours aussi unis, mènent une vie désordonnée où alternent la splendeur et la misère. Istvan est tué par une voiture. C'est la fin de la jeunesse de Thomas.
Cette autobiographie picaresque conserve constamment un ton de jeunesse, d'entrain, de cocasserie, même dans des circonstances tragiques, qui en fait un récit extaordinairement attachant. Les quatre héros sont vivants, vrais. L'humour enfin règne en maître de la première à la dernière ligne de ce livre aussi original que passionnant.
Gallimard - 1958